
De doux accords s’échappaient de la maisonnette au coeur des bois. La musique faisait frissonner les feuilles parées d’orange, jaune et rouge. Certaines se mirent à virevolter, s’élevant de la terre vers la frondaison. À l’odeur d’humus se mêlait désormais un parfum sucré avec une pointe de cannelle.
Les sons mélodieux attirèrent une meute de loup qui colla ses museaux aux fenêtres de la bicoque. La jeune femme au violon, les yeux clos, poursuivait ses accords mélancoliques. Elle y racontait les désillusions, son amour égaré, la fin d’un monde.
Quand la musique se tut, les loups repartirent, les feuilles reformèrent un tapis sur le sol et le vent diffusa la seule odeur de la forêt.
La jeune femme ne découvrirait jamais les prodiges de sa musique.

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