Élisabeth écrase le pied de son partenaire sur la piste de danse. Il serre les dents. Elle recommence. Il refuse de se départir de son sourire et presse plus fort ses doigts contre la main gantée. La pression la fait grimacer. Elle pince l’avant-bras de Bartholomé qui sursaute, rate un pas, mais la fait tournoyer au suivant, comme si de rien n’était.
Le regard furieux de la jeune femme se noie dans la mêlée des partenaires. Une autre damoiselle le salue et il saisit sa main molle dans la sienne. Il mène la danse sans encombre et pourrait s’endormir debout. Le hasard des pas le mène juste à côté d’Élisabeth et son nouveau partenaire. Elle le fusille du regard. Le danseur se plaint qu’elle lui fait mal. Elle dessert les doigts et radoucit ses traits, en jeune fille bien élevée. Bartholomé la préfère sans masque et fausse sagesse, comme lorsqu’ils étaient enfants.
Le damoiseau a hâte que la danse les jette à nouveau dans les bras l’un de l’autre. Élisabeth aura à nouveau le plaisir de marcher sur ses orteils et lui de l’enrager. Tout plutôt que l’indifférence. Il s’excusera. Se moquer devant le boy club de la composition florale sur la tête d’Alphonsine, la chère amie d’Élisabeth, n’était pas du meilleur goût, il en convient. Il se promet de se racheter, de ne plus jamais l’enrager et de redevenir le garçon tendre qu’il était avant la pension, maintenant qu’il l’a retrouvé.

Laisser un commentaire