Texte court écrit en 15 minutes sur le thème sirène et pirate.

Oursin était une sirène plus petite et plus grosse que la moyenne. Tout le monde l’appelait Oursin, sa mère la première, si bien qu’elle ignorait si elle avait un véritable prénom. Elle comprit bien vite qu’elle était une série d’épines dans les nageoires de la communauté. Dès qu’elle apparaissait en surface, le charme se rompait et impossible de déguster de l’homme au dîner.
Cinquante sirènes affamées avaient pour conséquence un carnage piscicole qui risquait de rompre la chaîne alimentaire marine. Imaginez le tableau ! Effondrement de la biodiversité marine, moins de prises pour les humains, moins d’humains, moins de nourriture pour les sirènes, plus de poissons dévorés par les sirènes, moins de biodiversité… Enfin, vous voyez.
Les sirènes les plus anciennes et celles qui collectaient le plus de proies se réunirent. Oursin et sa queue rose coquillage furent bannis de son ban.
Elle erra longtemps, sans aucun poisson avec qui converser. Elle nagea sans savoir où aller, jusqu’à distinguer la quille d’un bateau. Son estomac, lassé des poissons clowns, l’invectiva et elle monta à la surface. Elle remarqua un marin avachi sur le plat bord. Il chantonnait aussi mal qu’Oursin, entre la crécelle qui averti de la présence des lépreux et l’écrevisse qui, de surcroît est très grossière. La sirène plongea au fond de l’eau et remonta avec deux oursins qui deviendraient ses meilleurs compagnons. Elle les enfonça dans la coque et gravit le bâtiment à la force de ses bras et de ses coups de nageoire.
Le marin aviné fut happé, dévoré et noyé dans ses cris.
Oursin parcourut les mers et sema la terreur. On parlait d’un monstre marin qui pillait les navires de ses matelots les plus imprudents. Certains disaient qu’elle ne s’en prenait qu’à ceux qui chantaient faux, aussi on prit l’habitude de jeter en offrande tout membre d’équipage qui ne sonnait pas juste.
Oursin subit quelques blessures au cours de ses attaques, aussi son œil gauche s’orna d’un large coquillage assorti à sa queue de poisson. Son visage tacheté d’éphélides ne cessa pas pour autant de rayonner jusqu’à la fin de son voyage à l’âge avancé de 267 ans.

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